Narutaru
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Narutaru
Narutaru
Lorsque l’on évoque le manga de Mohiro Kitoh, publié entre 1998 et 2003 pour douze volumes, on pense tout de suite à l’abandon de la publication en France par Glénat au bout de seulement deux tomes. En effet, alors que l’histoire de Narutaru débutait gentiment comme n’importe quel titre pour enfants (la jeune héroïne découvre un gentil extraterrestre), celle-ci virait alors peu à peu au cauchemar, devenant de plus en plus malsaine, voir carrément insoutenable. Quel mauvais blagueur ce Kitoh ! Aussi inédite chez nous que son support d’origine, la série animée vit le jour en 2003 pour 13 épisodes chez le studio Planet (The Galaxy Railways), couvrant uniquement les trois premiers volumes du manga. Logiquement, celle-ci subit une censure importante, au même titre que Bokurano, dernière adaptation en date d’un manga de l’auteur.

Partie en vacances chez ses grands-parents, la petite Shiina, 12 ans, fait une rencontre plutôt inattendue : une étrange créature en forme d’étoile qui s’attache tout de suite à elle. La jeune fille décide alors de l’adopter et l’a nomme “Hoshimaru”. De retour à Tokyo, où elle vit seule avec son père, Shiina va apprendre que d’autres personnes possèdent des “Dragons”, nom que l’on donne à ces créatures. Ainsi, elle fait la connaissance d’Akira, une fille un peu plus âgée qu’elle et qui est tourmenté par la présence de son Dragon. En effet, un lien semble unir le Dragon et son maître et Akira semble le vivre très mal. Si les deux jeunes filles deviennent rapidement amies, les prochaines rencontres avec les possesseurs de Dragons ne seront pas aussi amicales… Autant le dire d’entrée, la série possède deux gros défauts majeurs qui lui nuit intégralement : celui de ne pas avoir de fin (seulement un tiers de l’histoire a été adapté donc il ne faut pas s’étonner) et surtout celui d’avoir un habillage technique honteux. C’est bien simple, “l’animation” est quasi inexistante. On suit alors la série par vignette, l’une après l’autre, comme si le réalisateur Toshiaki Iino (son unique titre sur son CV) avait filmé les pages du manga en y rajoutant la couleur. Alors forcément, difficile de rentrer dans l’histoire tellement la forme est hideuse (chara design approximatif, couleurs trop appuyés, accumulation de plans fixes…) et à peine digne d’une animation flash. Il ne restait alors que le scénario pour sauver l’animé du naufrage. Là encore, Chiaki J. Konaka, connu pour avoir quand même pondu ceux de Serial Experiments Lain et Texhnolyze, se plante dans les grandes largeurs en introduisant une bonne dizaine de personnages différents sans avoir la matière derrière et un nombre suffisants d’épisodes. Ainsi, hormis Shiina et Sakura, les autres protagonistes traversent l’histoire sans développement. C’est d’autant plus regrettable, qu’il ne se passe pas grand-chose durant plus de la moitié de la série. Il faut alors attendre le dernier arc pour que l’histoire se décide à proposer des enjeux. Mais cela ne suffira pas pour sauver Narutaru du naufrage intégral.

Pourtant, la série ne laissera pas indifférent, ne serait-ce pour le changement progressif de ton, son jusqu’au-boutisme assumé et sa violence plus psychologique que graphique. On pense par exemple à la scène du “tube à essai” proprement choquante et la vengeance finale où la victime devient bourreau à son tour et rend le centuple de ses sévices à ses agresseurs. Quant on se remémore le premier épisode où la petite Shiina rencontrait le rigolo Hoshimaru… Eh bien, on en est bien loin sur la fin ! Narutaru nous apparaît alors comme un brouillon de Bokurano, même si ce dernier s’avère nettement plus humaniste, tout en gardant le même type d’atmosphère désenchantée. Toutefois, même si la série animée est ratée, la lecture du manga est conseillée, ne serait-ce pour connaître l’univers fascinant et décadent de Mohiro Kitoh.
Lorsque l’on évoque le manga de Mohiro Kitoh, publié entre 1998 et 2003 pour douze volumes, on pense tout de suite à l’abandon de la publication en France par Glénat au bout de seulement deux tomes. En effet, alors que l’histoire de Narutaru débutait gentiment comme n’importe quel titre pour enfants (la jeune héroïne découvre un gentil extraterrestre), celle-ci virait alors peu à peu au cauchemar, devenant de plus en plus malsaine, voir carrément insoutenable. Quel mauvais blagueur ce Kitoh ! Aussi inédite chez nous que son support d’origine, la série animée vit le jour en 2003 pour 13 épisodes chez le studio Planet (The Galaxy Railways), couvrant uniquement les trois premiers volumes du manga. Logiquement, celle-ci subit une censure importante, au même titre que Bokurano, dernière adaptation en date d’un manga de l’auteur.
Partie en vacances chez ses grands-parents, la petite Shiina, 12 ans, fait une rencontre plutôt inattendue : une étrange créature en forme d’étoile qui s’attache tout de suite à elle. La jeune fille décide alors de l’adopter et l’a nomme “Hoshimaru”. De retour à Tokyo, où elle vit seule avec son père, Shiina va apprendre que d’autres personnes possèdent des “Dragons”, nom que l’on donne à ces créatures. Ainsi, elle fait la connaissance d’Akira, une fille un peu plus âgée qu’elle et qui est tourmenté par la présence de son Dragon. En effet, un lien semble unir le Dragon et son maître et Akira semble le vivre très mal. Si les deux jeunes filles deviennent rapidement amies, les prochaines rencontres avec les possesseurs de Dragons ne seront pas aussi amicales… Autant le dire d’entrée, la série possède deux gros défauts majeurs qui lui nuit intégralement : celui de ne pas avoir de fin (seulement un tiers de l’histoire a été adapté donc il ne faut pas s’étonner) et surtout celui d’avoir un habillage technique honteux. C’est bien simple, “l’animation” est quasi inexistante. On suit alors la série par vignette, l’une après l’autre, comme si le réalisateur Toshiaki Iino (son unique titre sur son CV) avait filmé les pages du manga en y rajoutant la couleur. Alors forcément, difficile de rentrer dans l’histoire tellement la forme est hideuse (chara design approximatif, couleurs trop appuyés, accumulation de plans fixes…) et à peine digne d’une animation flash. Il ne restait alors que le scénario pour sauver l’animé du naufrage. Là encore, Chiaki J. Konaka, connu pour avoir quand même pondu ceux de Serial Experiments Lain et Texhnolyze, se plante dans les grandes largeurs en introduisant une bonne dizaine de personnages différents sans avoir la matière derrière et un nombre suffisants d’épisodes. Ainsi, hormis Shiina et Sakura, les autres protagonistes traversent l’histoire sans développement. C’est d’autant plus regrettable, qu’il ne se passe pas grand-chose durant plus de la moitié de la série. Il faut alors attendre le dernier arc pour que l’histoire se décide à proposer des enjeux. Mais cela ne suffira pas pour sauver Narutaru du naufrage intégral.

Pourtant, la série ne laissera pas indifférent, ne serait-ce pour le changement progressif de ton, son jusqu’au-boutisme assumé et sa violence plus psychologique que graphique. On pense par exemple à la scène du “tube à essai” proprement choquante et la vengeance finale où la victime devient bourreau à son tour et rend le centuple de ses sévices à ses agresseurs. Quant on se remémore le premier épisode où la petite Shiina rencontrait le rigolo Hoshimaru… Eh bien, on en est bien loin sur la fin ! Narutaru nous apparaît alors comme un brouillon de Bokurano, même si ce dernier s’avère nettement plus humaniste, tout en gardant le même type d’atmosphère désenchantée. Toutefois, même si la série animée est ratée, la lecture du manga est conseillée, ne serait-ce pour connaître l’univers fascinant et décadent de Mohiro Kitoh.















